Le boxeur québécois d'origine camerounaise Herman Ngoudjo obtiendra sa première chance de remporter un titre mondial quand il affrontera, le 5 janvier à New York, le champion mondial des super- légers IBF Paulie Malignaggi.
À ses deux précédents combats, Ngoudjo avait affronté de solides cogneurs. Il avait perdu une décision partagée controversée à Las Vegas contre l'ancien champion mondial Jose Luis Castillo, en janvier. Puis, il avait défait Randall Bailey, un autre ex-champion, dans un combat éliminatoire qui lui avait permis de devenir le premier aspirant au titre de Malignaggi, surnommé Magic Man. Celui-ci est plutôt reconnu comme un styliste puisqu'il n'a réussi que cinq K.-O. en 24 combats (23-1).
Dans le camp du champion, on a déclaré que ce serait un combat facile contre le boxeur montréalais. Ngoudjo s'amuse de ce commentaire.
«C'est correct qu'ils disent ça, ça fait partie du spectacle, de dire le boxeur montréalais. J'ai étudié son style et c'est un très bon boxeur. Mais il ne m'impressionne pas. C'est un danseur, moi je vais cogner. Je vais faire la musique.
«Je suis très motivé et très heureux d'avoir la chance d'obtenir un combat de championnat, souligne Ngoudjo. Il m'a fallu franchir beaucoup d'étapes pour parvenir au niveau où je suis maintenant. J'ai travaillé très fort et j'atteins un objectif avec un combat de championnat. Quand il déclare que j'ai battu des adversaires à leur déclin, je le laisse dire. Ça me motive en vue de cet affrontement.»
Pour son imprésario Yvon Michel, le champion en titre est un boxeur brillant, très habile, rapide et difficile à cerner. Dans le style de Paul Spadafora... en mieux.
«Un combat de championnat, c'est toujours une grosse commande, mais elle est à sa portée, assure Michel. Quand tu affrontes des cogneurs aussi solides que Castillo et Randall, tu dois toujours te méfier et être prudent afin de ne pas commettre une erreur fatale. Ce genre de pression n'existera pas dans le cas Malignaggi.»
Dans le camp québécois, on va évidemment étudier à fond le film du combat contre Miguel Cotto, le seul qu'ait perdu le champion en titre.
«Je considère qu'Herman a suivi un parcours plus difficile que n'importe quel boxeur à ses 17 premiers combats (16-1, neuf K.-O.), soutient Yvon Michel. Il a pris beaucoup d'expérience et il va être plus confiant contre un boxeur préconisant ce style. J'estime qu'il est assez fort et assez rapide pour contrer le style du champion. Herman sera super motivé car il réalise un rêve. Sans oublier qu'il supporte une famille de neuf personnes au Cameroun. C'est une source de motivation importante pour lui car avec un titre mondial, les bourses deviendront plus alléchantes.»
Un autre champion mondial au Québec? L'occasion est là .
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