Charles Henry a transformé les Olympiques à son arrivée en 1985. Une des décisions importantes qu'il a prises fut d'embaucher l'entraîneur-chef Pat Burns.
La saison 2007-08 devait être celle des Huskies de Rouyn-Noranda. À la séance de repêchage de juin dernier, tous les observateurs s’entendaient sur ce point. Les Abitibiens ont répondu aux attentes en saison régulière en mettant la main sur le trophée Jean-Rougeau remis à l’équipe ayant récolté le plus de points.
Par contre, ce trophée pourrait s’avérer une bien mince consolation si les Olympiques devaient briser leur rêve de remporter la coupe du Président ce soir. Les Huskies sont au bord du gouffre alors qu’ils s’amènent à nouveau devant leurs partisans en tirant de l’arrière 3-1 dans la série quatre de sept.
Une victoire ce soir permettrait aux Olympiques d’écrire une nouvelle page de leur riche histoire et graver leurs noms à tout jamais sur la coupe du Président. À la veille du cinquième match, l’Histoire joue en faveur des Olympiques.
Ils en sont à une septième participation à la finale au cours des 14 dernières années. Pendant ces années, les Gatinois se sont retrouvés en finale une fois sur deux. Dans une ligue de 18 équipes, il s’agit d’un taux de succès énorme.
Quand on demande à l’entraîneur-chef et directeur général Benoît Groulx ce qui peut expliquer cette réussite au fil des ans, il répond que tout a commencé avec l’arrivée de Charles Henry et de Pat Burns en 1985.
« Les Festivals de Hull et les premières éditions des Olympiques ne représentaient pas des puissances de la LHJMQ. Quand Charlie Henry est arrivé à la barre des Olympiques, il a voulu changer les choses et il a commencé par embaucher Pat Burns comme entraîneur. La prestance de Burns a transformé les Olympiques en équipe intimidante. Ils ont changé leurs couleurs au noir et gris et ils se sont forgés une réputation d’équipe de cols-bleus. La légende de l’équipe a débuté quand Burns et ses Olympiques de 1986 ont établi le record de 15 victoires consécutives en séries éliminatoires », a raconté Groulx.
Tradition gagnante
Le bal était parti et les éditions subséquentes des Olympiques ont imité ce style de hockey. « Aujourd’hui, l’équipe jouit d’une tradition gagnante et les joueurs qui viennent chez nous veulent faire partie de cette tradition. Les Jean-Philip Chabot, Maxime Talbot, Jean-Michel Daoust et David Krejci sont tous des joueurs dans le même moule et Gatineau a la réputation d’une équipe difficile à battre en séries », ajoute Groulx.
Les six coupes du Président de l’histoire des Olympiques ont tous été gagnées sous le règne de Charles Henry. Son sourire trahissait mal sa fierté quand on lui a fait remarquer que ses équipes avaient participé à la finale sept fois en 14 ans.
« La recette de notre succès, c’est que nous travaillons sans relâche. Nos joueurs sont dédiés, nos entraîneurs passent des nuits blanches pendant les séries pour établir nos plans de match. Nous avons eu des bons entraîneurs et Benoît Groulx est dans la même classe que les Pat Burns, Alain Vigneault et Claude Julien », a signalé le grand manitou des Olympiques.
« Le monde pense que c’est facile de gagner tout le temps, mais il y a beaucoup de travail en arrière de ça. Nous parlons à des tonnes de gens quotidiennement pour aller chercher les meilleurs joueurs. En bout de ligne, notre tradition influence plusieurs d’entre eux à se joindre à nous. »
Henry souligne que les nombreux championnats finissent souvent par faire pencher la balance quand vient le temps de convaincre un joueur de s’amener à Gatineau. « Nos championnats servent de publicité et prouvent que nous accomplissons de belles choses avec nos joueurs. Quand notre premier choix Maxime Clermont hésitait à nous joindre cette année, notre réputation a fait la différence car il se dirigeait vers le système scolaire américain. »
C’est aussi les nombreux contacts de Charles Henry qui ont amené Claude Giroux, Paul Byron et Darryl Smith à Gatineau alors qu’ils avaient été ignorés en Ontario. Vingt-trois ans après son arrivée avec les Olympiques, le vieux renard ne lâchera pas de sitôt. Après avoir observé les 20 premières minutes du dernier match à Robert-Guertin, il s’est réfugié dans son bureau pour faire des appels.
« J’ai dû en faire une quarantaine... pour parler de joueurs pour l’an prochain. »
À ce compte, ce n’est pas demain la veille que l’étiquette d’équipe gagnante disparaîtra à Gatineau.