La bataille entre frères slaves a failli se terminer à l'avantage du cadet aux dépens de l'aîné, vendredi. La Russie a finalement réussi à arracher une victoire de 4-3 en fusillade contre le Bélarus au Championnat du monde de hockey.
La Russie a ainsi pu rejoindre la République tchèque au premier rang dans le groupe E, un point devant la Suisse et la Suède. Le Bélarus a récolté son premier point du tour de qualification - et cela, sans que les frères Kostitsyn ne participent au score.
Dans un autre match, la Finlande a vaincu la Lettonie 2-1.
«Chaque victoire est satisfaisante mais dans ce cas-ci, la satisfaction n'est pas absolue», a dit l'entraîneur russe Vyacheslav Bykov. «Nous avons pris les Bélarusses au sérieux, mais il faut toujours s'attendre à une forte opposition de la part des anciens pays de l'URSS.»
«Personne dans notre vestiaire n'est satisfait, a quant à lui déclaré Curt Fraser, l'entraîneur canadien des Bélarusses. Nous aurions dû trouver le moyen de jouer un tout petit peu mieux.»
«Nous avons prouvé que notre équipe a un bel avenir, a affirmé le défenseur bélarusse Ruslan Salei, de l'Avalanche du Colorado. D'ailleurs, ce sont les jeunes qui ont contribué aujourd'hui, ce qui donne bon espoir de voir l'équipe continuer à s'améliorer.»
Sergei Mozyakin et Alexei Morozov ont converti les deux premières occasions des Russes en fusillade, pendant que seul Dmitry Meleshko faisait mouche du côté des Bélarusses. Sergei Kostitsyn a raté son tir. Andrei Kostitsyn n'a pu prendre part à la fusillade parce qu'il était au banc des punitions quand la prolongation a pris fin.
En temps réglementaire, les Russes ont comblé un déficit de 2-0 pour prendre les devants 3-2 en troisième, mais les Bélarusses ont ensuite riposté pour provoquer la tenue d'une prolongation.
Maxim Afinogenov, des Sabres de Buffalo, a marqué deux buts, dont celui qui donnait l'avance 3-2 aux Russes à 13:51 de la troisième période. Il a repris une rondelle qui a bondi sur la bande à l'arrière du filet et l'a glissée le long de la ligne de but. Alexander Ovechkin, qui a récolté une aide sur ce jeu, avait enfilé le but égalisateur à 7:21 sur un long tir des poignets, avec l'aide de ses coéquipiers des Capitals de Washington, Alexander Semin et Sergei Fedorov.
Alexei Ugarov a fait 3-3 à 16:12 en complétant un jeu de Mikhail Grabovski, du Canadien de Montréal.
Andrei Mikhalev, là aussi avec l'aide de Grabovski, et Dmitry Dudik avaient permis au Bélarus de frapper les premiers en première période. Afinogenov a ensuite rétréci l'écart en deuxième.
«Grabovski n'a pas beaucoup joué parce qu'il ne fait pas partie des unités spécialisées, mais vous le verrez plus souvent dans les prochains matchs, a promis Fraser. Il avait l'habitude de ne pas produire face aux grandes équipes, mais aujourd'hui il a répondu à l'appel. Il y a de bonnes choses qui s'en viennent pour lui.»
Le gardien bélarusse Vitali Koval a été impressionnant dans un barrage de 55 tirs.
«Je n'ai rien à dire contre mes joueurs, ils ont obtenu tellement d'occasions de marquer», a indiqué Bykov.
«Notre gardien a été incroyable, a indiqué Salei. Mais ce n'est pas facile de résister aux Russes, ils misent sur certains des meilleurs joueurs au monde.»
Evgeni Nabokov était en uniforme, mais le gardien des Sharks de San Jose ne s'était pas encore entraîné avec l'équipe, si bien que Mikhail Biryukov a obtenu le départ.
Alexander Radulov, l'ancien des Remparts de Québec, n'a pas enfilé l'uniforme russe. Andrei Markov, le défenseur du Canadien, a joué malgré des malaises à l'épaule et au genou. Il a écopé deux pénalités et raté une chance de marquer qui aurait pu créer l'égalité 2-2 en début de troisième.
«Je me sens bien, les quelques jours de repos ont fait du bien,» a dit Markov après la rencontre.
Le mauvais choix?
Bykov a peut-être regretté son choix de gardien puisque Biryukov a mal paru sur le but de Mikhalev à 7:27 de la première période, marqué d'un tir anodin depuis le coin de la patinoire.
Sur le deuxième but, c'est surtout Fedorov qui a péché puisqu'il a remis le disque derrière lui à l'aveuglette, en plein sur le bâton de Dudik, qui a vite coupé au filet et marqué à 11:53.
«Le premier but a été le résultat d'une faiblesse d'un de nos joueurs et le deuxième, d'un manque de concentration, a analysé Bykov. Mais non, je n'ai pas pensé à changer de gardien. Tout le monde commet des erreurs et parfois, les gens en tirent profit.»
Koval a été impeccable au premier tiers, alors que son équipe a été dominée 18-5 au chapitre des tirs. Il a notamment frustré Semin à deux reprises. Biryukov, lui, s'est signalé contre Andrei Kostitsyn, suivant l'attaquant du Canadien jusqu'au bout lors d'une échappée.
Sans surprise, la Russie a constamment bourdonné dans la zone adverse, décochant 18 tirs contre huit pour les Bélarusses. Cela n'a toutefois donné qu'un but, celui d'Afinogenov à 3:54. Le joueur des Sabres a alors mis la palette sur un court retour donné par Koval.
Koval a été magistral le reste de la période, frustrant notamment Ovechkin sur un tir dévié. Le no 8 des Caps s'était auparavant présenté seul devant lui, mais Salei lui a fait rater son tir en lui tapochant le gant du bâton juste au bon moment.
Semin, lui, a ajouté à son calvaire lorsqu'il a vu son tir frapper la transversale.
Les Russes sont toutefois revenus en force en troisième, avant de voir les Bélarusses répliquer du tac au tac.