La venue possible de Mats Sundin avec le Canadien n'est pas exactement une histoire à vous river sur le bout de votre siège.
D'ailleurs, on vous suggère de faire comme Sundin, de vous caler confortablement dans un fauteuil et de vous détendre un peu.
Car le capitaine des Maple Leafs de Toronto ne sait toujours pas ce qu'il entend faire la saison prochaine.
«Mats n'est tout simplement pas prêt à se commettre en vue de la saison prochaine, nous a indiqué hier J.P. Barry, l'agent de Sundin. Il a besoin de plus de temps pour savoir s'il va poursuivre sa carrière.»
On raconte que Sundin n'a pas apprécié d'être bousculé par les Leafs en voyant ses droits de négociation changer de mains.
Qu'il ne veuille rien précipiter, soit. Mais Barry lui-même semble étonné du fait que son client n'ait pas encore pris de décision à propos de son avenir.
«Je croyais qu'à ce moment-ci, il m'aurait transmis ses directives, mais il ne l'a pas fait, a admis Barry. Et ça me semble improbable qu'il le fasse dans les prochains jours.»
Or, la date fatidique du 1er juillet approche à grands pas et le Tricolore ne pourra se permettre d'attendre Sundin jusqu'à la fin juillet.
À l'heure qu'il est, Bob Gainey doit donc soupeser les alternatives qui s'offrent à lui. Des amateurs en mal de supervedettes souhaiteraient sûrement que l'argent prévu pour Sundin soit utilisé pour Marian Hossa. Mais la venue de l'ailier slovaque a moins de sens qu'en février, surtout depuis l'acquisition d'Alex Tanguay.
Gainey l'a dit: c'est au centre que ça va se passer - à moins, bien sûr, que le Tricolore ne se résigne à y muter Chris Higgins ou Sergei Kostitsyn en permanence.
Outre Sundin, le centre qui conviendrait peut-être le mieux au Canadien est Brian Rolston. En fait, Rolston est un ailier gauche capable de jouer au centre.
Il vient d'aligner trois saisons de 30 buts au Minnesota, il est responsable défensivement, et son puissant lancer pourrait faire oublier Mark Streit en avantage numérique. C'est moins sexy que Sundin, mais de toute façon, il n'y a aucun centre avec le talent du grand Suédois sur le marché.
Avec des si...
Si le Canadien parvient enfin à s'entendre avec Andrei Kostitsyn, il lui restera environ 10 millions à dépenser sous le nouveau plafond salarial. Cet argent servira à embaucher ses autres joueurs du Groupe II (Halak, Gorges, O'Byrne) et à être actif sur le marché des joueurs autonomes.
Il y aura assez d'argent pour un Sundin - et à plus forte raison pour un Rolston.
Mais si Gainey, au bout de son magasinage, se retrouve les poches pleines et les mains vides, qui sait s'il ne rallumera pas le rond où a longtemps mijoté la rumeur d'échange avec le centre Patrick Marleau.
Celle-là a commencé à l'époque où le Betamax se vendait très bien!
Et si rien n'était fait, que les tribunes téléphoniques se déchaînaient et que des esprits à la mémoire courte taxaient Gainey d'immobilisme, le DG pourrait toujours appeler Mike Komisarek et ne pas attendre que la saison ait démarré pour lui faire signer un nouveau contrat.
Bref, Gainey a des options devant lui. Mais pour les jouer, il aura besoin de savoir bientôt ce qu'entend faire Mats Sundin.